
Affections frontalières
29 mai 2025
Le Sang de la terre
7 novembre 2025Au creux du lit des rivières coulent les luttes et les expériences des peuples et mouvements qui ont joué un rôle essentiel pour la protection de l’eau face à la crise climatique et à l’extractivisme qui menace la vie. Ce numéro de Caminando est dédié aux actions collectives de défense de l’eau qui sont menées autant au Sud qu’au Nord du continent. Grâce à cette publication, Caminando entend honorer et commémorer la mémoire de celles et ceux qui se sont engagé·es en première ligne pour défendre l’eau.
Notre navigation débute par une cartographie d’études de cas de gestion de l’eau et de protection des écosystèmes hydriques, qui rend compte des formes d’organisation politique et institutionnelle rencontrées dans différents contextes socioculturels pour faire valoir le droit des peuples à l’accès à l’eau et à l’assainissement, et pour refuser sa marchandisation.
En suivant l’affluent que forment ces études de cas, la lecture nous débarque ensuite à un port de Colombie, où sont présentés deux exemples des ravages multidimensionnels qu’a laissés derrière lui l’extractivisme canadien. Au nord-est du département d’Antioquia, le travail de terrain d’une chercheuse dépeint le paysage d’un patrimoine naturel menacé par la violence et la progression des entreprises minières canadiennes. Le deuxième exemple est constitué de témoignages qui rendent compte des impacts qu’ont laissés les entreprises pétrolières canadiennes dans les communautés du département de Casanare, situé dans la partie centre-orientale de la Colombie.
Le port suivant nous amène aux fils de l’eau qui connectent l’Argentine rurale aux peuples palestiniens, comme l’écrit la journaliste Ana Chayle. Son article est une lecture actualisée des opérations des entreprises de distribution d’eau à capitaux israéliens en Amérique latine. En lien avec les services municipaux d’accès à l’eau, on y trouve également un texte qui nous parle des communautés bleues, des communautés québécoises engagées pour une gestion de l’eau durable à l’échelle municipale. L’article met aussi en relief les parallèles avec des expériences similaires en Amérique latine.
Depuis les eaux turbulentes du Mexique, deux activistes mexicaines membres du mouvement de défense des rivières nous racontent ensuite leur vécu des luttes historiques depuis 2005, et rendent ainsi hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie en défendant l’eau des rivières mexicaines.
En suivant les ruisseaux féminins, nous naviguons maintenant jusqu’au lac Atitlán, où un groupe de femmes gardiennes du lac tient tête au pouvoir local qui cherche à s’emparer du territoire. Bien loin de là, sur les terres de Mendoza en Argentine, l’activiste Silvia Iñigues livre le témoignage de sa lutte contre une entreprise minière.
Dans les eaux andines, le regard à la fois brut et poétique du photoreportage de Juan Manuel Lobatón met à jour la façon dont les peuples du Salar d’Uyuni, en Bolivie, vivent la fragilité de leur existence sur leur territoire face à la crise climatique. Les impacts subis par les populations autochtones déplacées pour la construction de grands ouvrages hydroélectriques sont aussi présentés à travers une analyse littéraire et philosophique.
À l’heure où cette revue sortira, la IVe rencontre mondiale des personnes affectées par les barrages aura déjà été célébrée à Belém, au Brésil. Nous avons donc ajouté un article qui retrace les déclarations et le cheminement du Mouvement des personnes affectées par les barrages en Amérique latine (MAR).
Remerciements
Nous remercions les collaborations poétiques de Mavi Villada, Sarah Lavoie et Maxime Morin, qui nous invitent à nous plonger dans les eaux des émotions et de l’espoir. Nous remercions tous·tes les auteur·rices pour leur temps et leur dévouement tout au long du processus, ainsi que toutes les personnes qui ont offert leur temps et leur collaboration : traducteur·rices, lecteur·rices pour leur révision des textes, illustrateur·rices pour avoir embelli la revue, et bien sûr le comité éditorial, comité responsable de ce travail exigeant.
Nous remercions tout particulièrement celles et ceux qui appuient le financement et la diffusion de la revue, ainsi que l’artiste Liliana Perez pour sa magnifique page de couverture. Nous remercions également le gouvernement du Québec, à travers le Programme Québec sans frontières, pour son soutien à la mission du CDHAL.
Nous invitons nos chères lectrices et nos chers lecteurs à profiter du moment présent en plongeant dans les eaux des pages de Caminando.
Traduction par Virginie Destuynder
Rosalinda Hidalgo est une anthropologue mexicaine. Son parcours professionnel couvre la recherche et le militantisme auprès de communautés autochtones, de paysan·nes et de mouvements sociaux qui défendent les ressources naturelles en Amérique latine. Elle participe activement à des collectifs de femmes immigrantes à Montréal, au Canada. Depuis 2022, Rosalinda est chargée des actions urgentes au CDHAL.







